Page:Du halde description de la chine volume 1.djvu/54

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tout l’empire romain, dont la description générale sous le nom du monde entier, achevée sur les Mémoires d’Agrippa, fut enfin placée à Rome du temps d’Auguste, dans un portique magnifique et ouvert à tout le monde. De plus, on ne doute guère qu’il n’eût connaissance des descriptions qu’Alexandre fit faire de ses conquêtes.

Mais après tout, il est très vrai que ces secours ne lui suffisaient pas pour faire une géographie médiocrement exacte du globe entier de la terre, ni même d’une partie considérable de l’Europe ou de l’Asie. Comment démêler dans cet amas d’anciennes observations, celles qui sont exactes d’avec les infidèles ? Ce qui est cependant nécessaire pour la bonté d’une carte ; car une erreur, qui dans l’hypothèse qu’embrasse un astronome, s’évanouit par l’éloignement immense des cieux, devient d’abord sensible dans la carte d’un géographe par le rapport qu’elle a avec les lieux voisins, et connus de tous les voyageurs. Quel moyen avait Ptolomée de savoir au juste la proportion des mesures prises depuis plusieurs siècles sous des gouvernements tout à fait différents, parmi des nations, tantôt polies, tantôt barbares, et enfin déterminées en partie par une simple estime sur des vaisseaux, qui, quoique donnés à d’habiles gens, comme à Polybe, envoyé par Scipion sur les côtes d’Afrique et d’Espagne, comme à Néarque et à Onésicrite, destinés par Alexandre à la recherche du Golfe Persique, ne sauraient diminuer que de peu l’incertitude des distances ainsi observées ?

« Quand même il plairait à quelqu’un de supposer que