Page:Du halde description de la chine volume 1.djvu/546

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payer : « Hé quoi ! répondit l’empereur, ignorez-vous qu’ils sont mes enfants, et que je suis leur père ? A-t-on jamais vu qu’un père, voyant son fils pressé de la faim, l’abandonne et le laisse périr s’il prévoit qu’il ne sera pas remboursé de ses avances ! » En même temps il fit fondre toutes les statues des idoles, et en fit fabriquer de la monnaie, qui était devenue très rare.

Plusieurs des petits souverains, qui avaient cessé depuis longtemps d’obéir aux empereurs, charmés de tout ce que la renommée leur apprenait des vertus de ce prince, se soumirent d’eux-mêmes à son autorité, et rentrèrent dans le devoir de l’obéissance.

On lui avait présenté un mémorial sur les moyens qui pouvaient se prendre pour recouvrer les provinces et les principautés, qui, dans les temps de troubles, s’étaient détachées de l’empire : il songeait à les mettre en exécution, lorsque la mort interrompit ses projets. Elle arriva la cinquante-sixième année du cycle, et la trente-neuvième année de son âge. Son fils, qui n’avait que sept ans, nommé Kong ti, lui succéda.


KONG TI. Troisième empereur.
N’a régné que quelques mois.


Chi tsong, en déclarant son fils héritier de sa couronne, l’avait mis sous la tutelle de son colao nommé Tchao quang yu, qui s’était fort distingué dans les armes, et qui avait rendu de grands services à l’État.

La jeunesse de ce prince, et les grandes qualités du colao son tuteur, déterminèrent tout à coup les Grands de l’empire, et les généraux des troupes, à le mettre en la place de son pupille. Ils allèrent chez ce grand homme qu’ils trouvèrent au lit et l’ayant salué comme leur empereur, ils le revêtirent d’un habit de couleur jaune, qui est la couleur impériale. On donna une principauté au jeune prince qu’on venait de déposséder, et ce fut ainsi que finit cette dynastie.

Tchao quang yu prit le nom de Tai tsou : mais il n’accepta la couronne qu’on lui offrit, qu’à condition que sa mère aurait toujours le pas avant lui.