Page:Du halde description de la chine volume 1.djvu/558

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Cependant ceux-ci poussaient leurs conquêtes : ils entrèrent dans la province de Ho nan, et traversèrent sans aucun obstacle le fleuve Jaune. Ils furent même surpris de l’indolence des Chinois, qui avec une poignée de soldats pouvaient les empêcher de passer ce fleuve. Ils allèrent droit à la ville impériale, s’en rendirent les maîtres, la mirent au pillage, et emmenèrent prisonnier l’empereur avec les reines.

Les principaux seigneurs, et plusieurs des ministres prévinrent une si honteuse captivité, en se donnant la mort. Les Tartares laissèrent l’impératrice Meng, parce qu’elle leur dit qu’elle avait été répudiée, et qu’elle ne se mêlait d’aucune affaire.

Cette princesse sauva l’empire par sa sagesse et par sa conduite, en ménageant les esprits, et en faisant mettre la couronne sur la tête de Kao tsong, frère du dernier empereur, et neuvième fils de Hoei tsong, qu’il avait eu de l’impératrice répudiée.


KAO TSONG. Dixième empereur.
A régné trente-six ans.


Il établit d’abord sa cour à Nan king, mais peu après il fut obligé de la transporter à Hang tcheou, capitale de la province de Tche kiang. Quoiqu’il fût d’un esprit pacifique, et qu’il aimât les lettres, il ne laissa pas de remporter quelques victoires, tant sur les Tartares, que sur différents chefs de séditieux, qui profitaient des troubles présents, pour s’enrichir aux dépens des provinces qu’ils ravageaient.

Cong ye, qui était à la tête de ses armées, avait plusieurs fois repoussé les Tartares. Cependant ces fréquents avantages ne furent pas de grande utilité, puisque l’empereur ne put recouvrer aucune des contrées que le Tartare avait conquises.

On reproche deux choses à ce prince : la première, d’avoir fait peu de cas de ses ministres les plus habiles et les plus intègres, pour donner sa confiance à deux ou trois fourbes, qui n’avaient ni bonne foi, ni honneur. La seconde, d’avoir porté son dévouement à la secte des bonzes, jusqu’à abandonner le gouvernement de son État à un fils adoptif, pour vaquer plus à loisir aux contemplations superstitieuses de cette secte.

Hi tsong, qui était roi des Tartares, voulant s’affectionner ses nouveaux sujets, donna des marques publiques de l’estime qu’il faisait des lettres, et de ceux qui s’y appliquaient ; il alla visiter la salle de Confucius, et lui rendit à la manière chinoise, les mêmes honneurs qu’on rend aux rois.

Ses courtisans ne pouvant goûter que leur prince honorât de la sorte un homme, dont la naissance n’avait rien de fort illustre, lui