Page:Du halde description de la chine volume 1.djvu/56

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


de latitude, il est toujours vrai que la plus grande partie de son ouvrage n’est point appuyée sur des observations faites à dessein de rectifier la géographie, mais seulement sur les relations des voyageurs d’un génie fort différent, et sur les narrations de quelques historiens, qui n’ont parlé que par occasion des distances, et toujours sur l’estime populaire.

« Il n’en est pas de même dans l’ouvrage qu’on donne au public ; tout vaste qu’il est, on n’a pas cru devoir s’en tenir ni aux cartes des gouverneurs chinois, ni aux dimensions faites presque partout, principalement dans la Tartarie, par des Mantcheoux également laborieux et exacts, ni à divers mémoires imprimés. Mais on s’est déterminé à recommencer tout de nouveau, n’usant de ces connaissances que pour se régler dans les routes qu’on avait à prendre, et dans le choix des lieux dignes de remarque, et rapportant tout ce qu’on faisait, non seulement à un même dessein, mais encore à une même mesure employée sans interruption.

« Cette mesure avait été déterminée par l’empereur quelques années auparavant : c’est le pied chinois dont on se sert pour les bâtiments et les ouvrages du palais, qui est différent des autres pieds chinois, et de celui même dont il paraît qu’on s’est servi autrefois dans le tribunal des mathématiques. C’est sur ce pied que la grandeur d’un degré, mesuré par le père Thomas, avait déjà été trouvée contenir 200 lis ou stades chinois, dont chacun comprend au juste 180 toises chinoises de dix pieds. Comme donc la vingtième partie d’un degré, suivant les mesures de l’académie, contient 2853 toises de six pieds du Châtelet, elles