Page:Du halde description de la chine volume 1.djvu/57

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


égalent précisément 1800 toises chinoises, ou dix lis chinois ; et conséquemment un degré de 20 de nos grandes lieues, qu’on appelle aussi lieues marines, comprend 200 lis ou stades chinois du pied, dont nous nous sommes servis dans toute la géographie de cet empire.

« Cette proportion fournit un moyen très aisé de réduire nos cartes chinoises aux mesures des cartes de France, puisqu’en prenant 10 lis ou stades chinois pour une de nos grandes lieues de France, la même partie de degré donne dans les unes et dans les autres le même nombre de lieues, tant dans les méridiens, que dans les parallèles ; car quoique ceux-ci soient diminués suivant la méthode ordinaire, ils le sont toutefois suivant la mesure des grands cercles, qu’on a supposé être tous égaux, pour ne pas s’écarter de la doctrine commune des géographes et des géomètres.

« On ne peut cependant s’empêcher de remarquer ici que cette doctrine n’est pas tout à fait certaine : puisque l’an 1710 dans le retour de Tçitcikar, où l’on mesura six degrés du nord au sud par ces plaines, dont nous avons parlé, qui sont entre le 47e et le 41e degrés, les pères Régis et Jartoux trouvèrent toujours de la différence d’un degré à l’autre ; quelque soin qu’ils prissent de faire mesurer juste, bien qu’ils examinassent plusieurs fois les cordes divisées en pieds, et qu’ils rectifiassent l’instrument dont ils se servaient pour prendre hauteur, ils trouvèrent une erreur moindre que 30 secondes. Il est vrai que cet instrument n’était que de deux pieds de rayon, et quoiqu’il fût divisé exactement, il paraît avoir donné un nombre