Page:Du halde description de la chine volume 1.djvu/573

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nécessités de ses sujets, et que quand même dans cette vue il diminuerait les impôts, et modérerait les dépenses, il doit toujours craindre que le nécessaire manque à son peuple.

Dans un temps de grande sécheresse, il prit ses habits de deuil, et alla sur une haute montagne, où il demeura pendant trois jours à implorer la clémence du Ciel. La pluie, qui après ces trois jours survint en abondance, fut regardée comme l’effet de la prière.

Lorsqu’il visitait les provinces de l’empire accompagné de son fils aîné, il fit un jour arrêter son char au milieu des campagnes, et se tournant du côté de son fils : « Je vous ai fait venir avec moi, dit-il, afin que vous soyez témoin des sueurs et des travaux des pauvres laboureurs, et que la compassion qu’une condition si pénible excitera dans votre cœur, vous porte à ne jamais les surcharger d’impôts. »

La mort inespérée de ce fils, qui arriva peu après, accabla l’empereur de tristesse : il le pleura, et en porta le deuil pendant trois ans contre la coutume, et nomma son petit-fils pour hériter de sa couronne.

Un jeune homme nommé Soui, voyageant avec son père et sa femme, tomba malheureusement entre les mains des voleurs. Ceux-ci se disposaient à tuer le bon vieillard, lorsque son fils se mit au devant, et les conjura avec larmes de le faire mourir lui-même à la place de son père. Comme ils voulaient faire violence à la femme et en abuser : « Seriez-vous capables de faire une action si infâme, leur dit-elle, pendant que mon mari est plein de vie ? » Il y avait un grand feu allumé près d’eux, ils prirent le jeune homme, et l’y jetèrent ; sur quoi la femme se précipita aussitôt dans les flammes, et embrassa fortement le corps de son mari avec lequel elle fut réduite en cendres.

L’empereur fit ériger un beau monument à leur gloire, pour conserver le souvenir de leur piété et de leur fidélité. Mais il punit en même temps très sévèrement un autre jeune homme, qui, pour obtenir la santé de sa mère mourante, avait sacrifié son propre fils à une idole.

Ce prince mourut la quinzième année du cycle, âgé de soixante-onze ans. Son petit-fils nommé Kien ven ti, qui n’avait que treize ans, lui succéda.


KIEN VEN TI. Second empereur.
A régné quatre ans.


Tout jeune qu’était le nouvel empereur, il commença son règne par une action de clémence, qui lui attira la bénédiction de ses sujets. Il remit la troisième partie des impôts qu’on