Page:Du halde description de la chine volume 1.djvu/592

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il conseilla ensuite aux Tartares d’aller droit à Peking par une route différente de celle qu’il occupait avec son armée, ce qu’ils exécutèrent sans obstacle, et ils assiégèrent la ville impériale.

On donna promptement ordre à Yuen de venir au secours de la ville avec ses troupes : il partit sans hésiter, et sans avoir le moindre soupçon que sa trahison pût être découverte. Mais dès qu’il fût entré dans la ville, on lui donna la question, et après avoir été convaincu de sa perfidie, il fut étranglé. Le Tartare ne fut pas plutôt informé de cette mort, qu’il leva le siège, et s’en retourna dans le Leao tong, chargé d’un riche butin.

L’année huitième du cycle, qui fut la 1631e de l’ère chrétienne, les révérends pères dominicains entrèrent à la Chine pour y prêcher l’Évangile : ils furent suivis peu après des révérends pères franciscains.

Deux ans ensuite mourut le célèbre docteur Paul Siu qui de premier président du tribunal des rits, était parvenu à la dignité de colao. Il fut dans ce haut rang un des plus fermes appuis du christianisme, et dans un temps de persécution il composa une belle apologie pour la défense de la religion, où il consentait de perdre ses dignités, ses biens, et sa vie même, si l’on pouvait rien trouver dans la doctrine de cette religion, qui ne fût très saint. Il proposa le père Adam Schall à l’empereur pour la réformation du calendrier.

Ce fut en ce même temps que du consentement de l’impératrice, des principales dames du palais furent instruites de la loi chrétienne, et reçurent le baptême.

L’année douzième du cycle arriva la mort du roi Tartare nommé Tien tsong : il eut pour successeur dans ses États son fils nommé Tsong té, père du fondateur de la dynastie suivante.

Tsong té était un prince plein de douceur et d’affabilité. Il avait été élevé en cachette dès son enfance parmi les Chinois ; et s’étant instruit de leur langue et de leurs sciences, il avait pris encore leur génie et toutes leurs manières. C’est ce qui lui avait attiré l’estime et l’amitié des généraux et des mandarins chinois, qui se détachaient insensiblement de l’empereur, dont les malheureux succès avaient gâté le naturel et qui était devenu sombre, inquiet, rêveur, et cruel.

Cette année, et toutes les suivantes, ce ne furent plus que guerres intestines, que meurtres, et que brigandages. Une multitude prodigieuse de séditieux et de mécontents formèrent jusqu’à huit corps d’armées : ils avaient chacun leur chef mais dans la suite ils furent réduits à deux seulement, qui eurent toute l’autorité sur les troupes, et qui s’appelaient, l’un Li, et l’autre Tchang.

Pour ne se point nuire l’un à l’autre, ils convinrent ensemble de partager entr’eux les provinces. Tchang prit pour lui les provinces