Page:Du halde description de la chine volume 1.djvu/60

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Au regard du Thibet, s’il n’a pas été levé de la même manière par les jésuites, du moins il a été dressé sur divers routiers fort détaillés, et sur les mesures que prirent, dans le Thibet même, des Tartares envoyés exprès par l’empereur, qui avaient connaissance des mathématiques, et qui avaient reçu des missionnaires l’instruction et la direction nécessaires pour y réussir.

La carte particulière de la Corée a été prise d’après celle qui s’est trouvée dans le palais même du roi de ce pays, et, comme on l’explique dans les observations géographiques sur cette carte, elle a été examinée sur les frontières par les missionnaires employés à faire la carte de la Tartarie.

Toutes ces cartes, tant de la Chine et de la Tartarie, que de la Corée et du Thibet, ont été mises non seulement au même point, mais même sous une projection générale, comme si toutes les pièces n’en devaient composer qu’une seule, et effectivement on pourra les rassembler toutes, et n’en faire qu’un seul morceau. Elles ont été présentées au roi telles que les missionnaires les ont dressées eux-mêmes, et me les ont envoyées de la Chine. Sa Majesté qui en connaissait le mérite, les a agréées, et les conserve en dépôt dans sa bibliothèque particulière à Versailles.

Pour rédiger ces cartes, et les mettre en état de passer entre les mains des graveurs, j’ai jeté les yeux sur M. d’Anville, géographe ordinaire du roi : c’est ce qu’il a fait avec cette netteté et cette exacte justesse qu’on lui connaît. Après quoi des cartes particulières, il a dressé les cartes générales, et leur a donné une étendue propre à faire connaître, indépendamment même des cartes particulières, jusqu’où les missionnaires ont porté