Page:Dujardin - Antonia, 1899.djvu/108

La bibliothèque libre.
Aller à la navigation Aller à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.
90
LA LÉGENDE D’ANTONIA

Ma lumière !
Mon authentique mère !

Ô toi !
Ô moi !
Vois

Comme délicieusement j’agonise
Dans l’apparence bienheureuse où tu te réalises,

Toi que mon âme magnifia
Et pour l’éternité glorifia…Ce n’est que tout à l’heure,
quand le cycle des joies et des
souffrances et tout le passé de
son âme se sera déroulé, qu’il
pourra prononcer le nom…



… Oui, c’est elle ;
Oui, c’est l’immortelle ;
Oui, c’est la fidèle ;
Oui, l’absolument belle ;
Oui, la spirituelle ;
C’est la rêvée et la réelle.

Elle a surgi, de myrtes parfumée,
Elle s’est levée de la vallée,
Elle vient transfigurée ;

Et je rayonne,
Mon âme tourbillonne,
Des fanfares résonnent ;

Et je m’exalte, je m’enivre,
Je me sens vivre,