Page:Dujardin - Antonia, 1899.djvu/160

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Et ma pensée

Qui de toi, de toi seul est possédée,
T’invoque et t’appelle, ô Passé !

… Mon âme plonge
Dans la suprême réalité du songe.



Le Chevalier du Passé

Je suis celui qui n’étais plus.
Du fond des temps révolus,
Du plus loin des souvenirs les plus anciens,
Je viens.
Dans l’abîme des brumes où ton désir se perd,
Où descend ton regret le plus cher,
Où ton idée aux heures sublimes s’exaspère,
Parmi l’ombre où ton âme se cèle,
Je viens, ô femme, vers toi qui m’appelles.



La Courtisane

Il me semble que je te connais ;
Tes traits
Dans mes yeux jadis ne se gravèrent-ils
Pour y laisser une empreinte si subtile,
Aux temps de nos rencontres juvéniles ?
Mais ta voix n’est point dure ;
Ton visage ne montre point le ressentiment des injures ;
Ta démarche est bénigne ;
Ton front n’a point d’apparence maligne.
Ô chevalier du rêve d’autrefois,