Page:Dujardin - Antonia, 1899.djvu/201

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Qui roulent
En incessante houle
Au fond obscur de la foule ;
Face à face parler à l’être ;
Évoquer l’âme et la faire apparaître ;
Que dans le drame
Les hommes et les femmes
Frissonnent et qu’ils aient compris
Que ces cris
C’est leurs cris,
Que c’est leur destin même
Le destin que déroule le poème,
Et que c’est eux
Qui se révèlent sous leurs propres yeux…
Oh ! voilà le triomphe prophétique,
La seule splendeur immortellement magnifique.

Ainsi, toi que mon rêve glorifia,
Antonia,
Toi entrevue, toi non rencontrée,
Toi à jamais l’unique aimée,
Va devant la foule infinie
Le cours lyrique de ta vie !
Sois l’amante,
Et que le chant de l’amante
Qui dans ton cœur chante
Ainsi chante
Dans tous les cœurs des amants et des amantes !