Page:Dujardin - Poésies, 1913.djvu/120

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IV


Alors tu veux que je te dise et te redise
Les preuves sûres et sans feintise
Que de notre amour j’ai surprises ?…

Mes preuves, ce sont tes regards
Pénétrants comme des poignards,
Caressants comme des chants de guitares ;

Ce sont ces longs sourires
Où si souvent, dans les nuits claires, je me mire,
Et ces délires

Et ces pensives gravités
Où parfois tu te plais à t’exalter,

Ces gaîtés folles
Et ces hyperboles
Et ces extases et ces farandoles

Où nos cœurs
Boivent le bonheur.