Page:Dujardin - Poésies, 1913.djvu/17

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POUR L’ENFANT QUI SERA UN HOMME


Au moment de publier un recueil qui, avec la Légende d'Antonia, semble devoir constituer son œuvre poétique complète, l’auteur ne peut que reprendre, à quelques lignes près, ces pages qu’il plaçait, en 1904, en tête du Délassement du Guerrier.

*

… Les jours s’ajoutent aux jours ; le terme est peut-être lointain et peut-être proche ; mais le sentiment de la fin, si étranger à la trentième année, est parfois impérieux passé la quarantième. La jeunesse a le droit de voir la vie grande ouverte ; l’âge mûr, au contraire, considère avec anxiété combien peu d’hommes et d’idées arrivent au bout de leur chemin. Et le souci se fait de plus en plus pressant, de laisser après soi quelque chose de soi.