Page:Dujardin - Poésies, 1913.djvu/236

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II


Pourquoi le parfum de la chair pénètre-t-il nos âmes ?
Le parfum de la féminine chair
Est l’aimant où l’amant prend sa chair ;
Toutes les volontés dans les parfums se pâment.

La musique évoque d’idéaux épithalames ;
Hors le temps et l’espace, en plein éther,
Harmonies aphrodisiaques ou mystiques de Wagner,
Que de fois nous nous sommes hallucinés à votre flamme !

Mais au tréfond du cœur et dans l’esprit
Le parfum de la chair plonge et s’imprègne et vit.
— Et la cause, je vais la dire, ô jeune fille !

Ce parfum acre et frais, doux et chaud, pur et ardent,
C’est ton âme frêle et tendre qui s’objective,
Ô amoureuse dont s’éveillent les beaux vingt ans !