Page:Dujardin - Poésies, 1913.djvu/237

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III


C’est la Carmencita…

Un fin petit air espagnol,
Le sombre boléro sur une brune chevelure,
Un joli teint mat et cette allure
Que semble de Séville rythmer le rythme grave et fol,

Ces paupières bleuies de leur langueur comme d’un kohl,
Et cet œil noir, l’œil noir qui vous regarde et vous adjure,
L’œil noir divin pour qui les hommes blonds se font parjures,
Oh ! ce fin et malin petit air espagnol !…

Ainsi, jeunesse,
Naïveté, fraîcheur enchanteresse,
Rieuse inconscience, fragile lys,

Ô jeunesse sacrée, jeunesse triomphale,
Tu rends aux plus connus oripeaux de jadis
Toute leur grâce primordiale.