Page:Dujardin - Poésies, 1913.djvu/241

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VENUS GENITRIX


Aux pieds de ta beauté de jeune mère
Le poète contemple et l’amant adore,
Pendant que dans l’avenir rêve le père.

C’est toi la Genitrix aux cheveux d’or.
Voici, je reconnais ce front tranquille
Où seule passe encore

Une pensée pour l’être frôle au frais et cher babil ;
Et puis voici ces yeux
Profonds comme une mer immobile

Et langoureux
Des souvenirs de la féconde ivresse.
Voici la bouche ardente aux baisers voluptueux ;

La bouche qui caresse
Délicieusement les lèvres enfantines.
Voici ce corps de force et de finesse,