Page:Dujardin - Poésies, 1913.djvu/76

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III


Alors, quand vous aurez livré et répandrez votre personne,
Lorsque quelqu’un aura désagrafé votre couronne,
Quand vous ne serez plus la madone
Et que vos seins témoigneront de la divinité humanisée et qui se donne.

Alors, souvenez-vous,
Alors, Marie, souvenez-vous,

Souvenez-vous des jours où sans nulle souillure
Vous avez été l’hostie emblématique de l’idée pure,
Gardez la conscience de la blessure
Et quelque regret du premier azur,

Et demeurez, ô dame, dame des sept glaives,
Malgré la chute, l’ange de la grève,
Malgré le fruit cueilli, la native Ève,

Afin toujours que votre époux aux nuits d’éclairs
Ait un presque mortel frisson à s’approcher de votre chair.