Page:Dumas - Histoire d’un casse-noisette, 1844.djvu/169

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


entre l’index et le pouce, comme fait un escamoteur d’une muscade, l’introduisit dans sa bouche, donna un violent coup de poing sur la tresse de bois, et cric ! crac ! brisa la coquille en plusieurs morceaux.

Puis, aussitôt, il débarrassa adroitement l’amande des filaments qui y étaient attachés, et la présenta à la princesse, en lui tirant un gratte-pied aussi élégant que respectueux, après quoi il ferma les yeux et commença à marcher à reculons. Aussitôt la princesse avala l’amande, et, à l’instant même, ô miracle ! le monstre difforme disparut, et fut remplacé par une jeune fille d’une angélique beauté. Son visage semblait tissu de flocons de soie roses comme les roses et blancs comme les lis ; ses yeux étaient d’étincelant azur, et ses boucles abondantes formées par des fils d’or retombaient sur ses épaules d’albâtre. Aussitôt les trompettes et les cymbales sonnèrent à tout rompre. Les cris de joie du peuple répondirent au