Page:Dumas - Histoire d’un casse-noisette, 1844.djvu/171

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devint aussi difforme que l’avait été avant lui la princesse : ses jambes s’amincirent, son corps ratatiné pouvait à peine soutenir son énorme et hideuse tête, ses yeux devinrent verts, hagards et à fleur de tête ; enfin sa bouche se fendit jusqu’aux oreilles, et sa jolie petite barbe naissante se changea en une substance blanche et molle, que plus tard on reconnut être du coton.

Mais la cause de cet événement en avait été punie en même temps qu’elle le causait. Dame Souriçonne se tordait sanglante sur le plancher : sa méchanceté n’était donc pas restée impunie. En effet, le jeune Drosselmayer l’avait pressée si violemment contre le plancher avec le talon de sa botte, que la compression avait été mortelle. Aussi, tout en se tordant, dame Souriçonne criait de toute la force de sa voix agonisante :

Krakatuk ! Krakatuk ! ô noisette si dure,
C’est à toi que je dois le trépas que j’endure.