Page:Dumas - Histoire d’un casse-noisette, 1844.djvu/194

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Et tout en pleurant, et tout en se lamentant ainsi, Marie s’aperçut que Casse-Noisette avait au cou une tache de sang. Du jour où Marie avait appris que son protégé était le fils du marchand de joujoux et le neveu du conseiller de médecine, elle avait cessé de le porter dans ses bras, et ne l’avait plus ni caressé ni embrassé, et sa timidité à son égard était si grande, qu’elle n’avait pas même osé le toucher du bout du doigt. Mais en ce moment, voyant qu’il était blessé, et craignant que sa blessure ne fût dangereuse, elle le sortit doucement de l’armoire, et se mit a essuyer avec son mouchoir la tache de sang qu’il avait au cou. Mais quel fut son étonnement lorsqu’elle sentit tout à coup que Casse-Noisette commençait à se remuer dans sa main ! Elle le reposa vivement sur son rayon ; alors sa bouche s’agita de droite et de gauche, ce qui la fit paraître plus grande encore, et, à force de mouvements, finit à grand’peine par articuler ces mots :