Page:Dumas - Histoire d’un casse-noisette, 1844.djvu/197

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j’ai mis hier à la réforme, avec sa pension, bien entendu, un vieux major de cuirassiers qui avait fini son temps de service, je présume qu’il n’a plus besoin de son sabre, lequel était une excellente lame.

Restait à trouver le major ; on se mit à sa recherche, et on le découvrit mangeant la pension que Fritz lui avait faite, dans une petite auberge perdue, au coin le plus reculé du troisième rayon de l’armoire. Comme l’avait pensé Fritz, il ne fit aucune difficulté de rendre son sabre, qui lui était devenu inutile et qui fut, à l’instant même, passé au cou de Casse-Noisette.

La frayeur qu’éprouvait Marie l’empêcha de s’endormir la nuit suivante, aussi était-elle si bien éveillée, qu’elle entendit sonner les douze coups de l’horloge du salon. A peine la vibration du dernier coup eut-elle cessé, que de singulières rumeurs retentirent du côté de l’armoire, et qu’on entendit un grand cliquetis d’épées, comme si deux adversaires