Page:Dumas - Histoire d’un casse-noisette, 1844.djvu/51

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qui lui fut accordé ; puis le droit de les lui faire casser lui-même, ce qui lui fut accordé encore, comme propriétaire par moitié. Seulement, tout au contraire de sa sœur, et malgré ses observations, Fritz choisit aussitôt, pour les lui fourrer dans la bouche, les noisettes les plus grosses et les plus dures, ce qui fit qu’à la cinquième ou sixième noisette fourrée ainsi par Fritz dans la bouche du petit bonhomme, on entendit tout à coup : Carrac ! et que trois petites dents tombèrent des gencives du casse-noisette, dont le menton, démantibulé, devint à l’instant même débile et tremblotant comme celui d’un vieillard.

— Ah ! mon pauvre cher casse-noisette ! s’écria Marie en arrachant le petit bonhomme des mains de Fritz.

— En voilà un stupide imbécile ! s’écria celui-ci ; ça veut être casse-noisette, et cela a une mâchoire de verre : c’est un faux casse-noisette, et qui n’entend pas son métier. Passe-le-moi, Marie ; il faut qu’il