Page:Dumas - La Princesse Flora (1871).djvu/105

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éducation a coupé les ongles et limé les dents aux passions, mon ami ; elles ne sont plus dangereuses.

— Parle pour toi, Granitzine ; moi, si j’aimais, je sens que j’aimerais sérieusement.

— Quand je disais que les marins étaient des animaux à part, dont les vaisseaux sont les ménageries. Eh ! mon Dieu ! si tout cela est ainsi, ce n’est pas même la faute des femmes ; ce n’est pas même la faute des hommes, c’est la faute de notre organisation sociale : nous nous dépêchons de vivre, mais nous tardons à nous marier ; chacun de nous veut être colonel ou général pour vendre ses épaulettes et sa croix de Saint-Georges le plus cher possible. La fiancée n’est que l’appoint de sa dot. Au reste, éducation complète, cher ami : elle monte à cheval, elle tire au vol, casse des poupées à vingt-cinq pas, joue du piano et chante ; seulement, sa chanson ne s’accorde pas avec celle de son mari. Est-elle belle ou non ? Peu importe, c’est un sac de cent ou de deux cent mille roubles. Au reste, elle connaît son importance, et, comme madame de Lignolles, elle sait conjuguer le verbe je veux, à tous ses temps. Maintenant,