Page:Dumas - La Princesse Flora (1871).djvu/104

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page n’a pas encore été corrigée


aimer éternellement ! Allons donc, l’amour est le printemps du cœur, mon cher, et le printemps a mille et mille fleurs. Cueille la rose, mais ne dédaigne pas la violette ; le vin de Bordeaux est excellent dans les entremets ; mais, que veux-tu ! je lui préfère l’aï ; vois donc cette mousse, c’est l’amour comme le comprennent nos dames du monde ; il est léger et splendide ; mais soufflez dessus, bonsoir, il n’y a plus ni mousse ni amour. Bois-le donc au vol.

— Je ne te comprends pas, Granitzine ; tu m’offres les joies mondaines, comme si elles étaient dans ta cave, et comme si je n’avais qu’à tirer le bouchon et verser.

— Bravo, mon cher, bravo ! je vois avec plaisir que tu fais des progrès : d’abord, tu n’avais pas envie de faire ta cour le moins du monde, et voilà que maintenant il ne te manque plus que la possibilité. Je suis sûr que tu ne porteras pas longtemps ton cœur vide comme un mendiant son sac. Va ! nos dames de Pétersbourg sont si bonnes et si sensibles, et, toi, tu es si gentil et si intéressant, que ce serait un péché que de te laisser soupirer en vain. Notre