Page:Dumas - La Princesse Flora (1871).djvu/21

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prendre place dans un yacht paré et doré comme pour un bal. Quant à moi, pourquoi ? je n’en sais rien, mais une seule frégate me plaisait, harmonieuse dans tout son ensemble et idéale de légèreté, de beauté et de force. Elle élançait jusqu’au ciel ses mâts si fins et si hardis ; sa longue banderole brillait dans l’air si légère et si gracieuse ; elle-même, elle s’ébranlait si majestueusement ; ses canons nous regardaient par leurs fenêtres avec tant d’étonnement et de curiosité, que j’avais un ardent désir de mettre le pied sur ce monstre charmant !

Je ne saurais te dire si je fus plus séduisante ou plus opiniâtre que toutes mes compagnes de bateau, mais enfin je remportai la victoire. Un officier de l’équipage de la garde impériale qui, du pied gauche, dirigeait le gouvernail de notre république à douze rames, rendit honneur à mon goût et tourna sous la poupe de cette charmante frégate. À la ceinture de sa galerie sculptée était écrit en lettres d’or le mot Espérance. Ce mot seul me l’eût fait préférer. Un escalier extérieur était tapissé par des voiles. Nous montons. Imagine-toi… Mais non, tu ne peux