Page:Dumas - La Princesse Flora (1871).djvu/28

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taine de la frégate restait près de nous et me regardait d’un air mélancolique.

Nous nous taisions.

Et, d’ailleurs, pouvait-on parler, au milieu du bavardage de ces mille commères de fer fondu ? Mais qu’avais-je besoin de parler ? J’étais aussi heureuse que si un songe aux ailes d’or m’eût transportée à travers l’espace.

Tout à coup, à trois pas de moi, retentit un coup de canon isolé, et, aussitôt après, ce cri se fit entendre :

— Un homme à la mer !

Puis d’autres cris :

— Il disparaît !… il s’enfonce !… il est perdu !

Je me sentis tout près de m’évanouir.

Un canonnier, en enfonçant la charge, était tombé à la mer.

En un instant, le malheureux, était déjà derrière la poupe. Ayant perdu la tête, il roulait avec les vagues. On n’avait pas eu le temps d’envoyer une chaloupe à son aide, tant l’accident avait été rapide et inattendu. Et le cordage qu’on lui avait jeté du