Page:Dumas - La Princesse Flora (1871).djvu/29

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.

bâtiment, écarté par le mouvement du sillage, nageait loin de lui. Il s’était enfoncé, avait reparu ; mais un instant encore, et il allait disparaître pour toujours.

En ce moment, tout habillé, avec son uniforme, le capitaine sauta par dessus le bord dans la mer.

Ce fut un long cri d’enthousiasme ; chacun courut à l’arrière, se haussant pour voir par dessus le bastingage ; les canons qui hurlaient s’interrompirent. On eût dit que l’émotion générale les avait atteints.

Pendant ce temps, le capitaine avait reparu sur la surface des flots, avait nagé vers le marin, l’avait saisi par le bras, et, de la main qui restait libre, nageait vers le vaisseau.

Mais le vaisseau s’éloignait.

En effet, quelle volonté humaine peut instantanément arrêter une pareille masse une fois lancée ? L’effroi nous atteignit toutes lorsque nous vîmes que le sauveur perdait ses forces sous le poids énorme qu’il était obligé de soulever au-dessus de l’eau. Il commença de tourner sur lui-même, s’enfonça, reparut, s’enfonça de nouveau, resta longtemps, oh !