Page:Dumas - La Princesse Flora (1871).djvu/31

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cette vie mondaine, pour que Dieu me permette de m’imbiber comme une abeille de la rosée de ce doux souvenir, je veux m’oublier, je veux oublier, et j’oublie tout le reste.

Peterhoff, le 2 juillet 1829.


II
Remède contre la folie


Deux semaines après cette revue de la flotte russe, dans le salon commun de la frégate l’Espérance, à onze heures du soir, soupait le docteur Stettinsky.

Tous les autres officiers étaient déjà rentrés dans leurs cabines, de sorte que le digne docteur soupait seul. Mais le fils d’Esculape, par une habitude digne de louanges, était resté pour le vin de Porto. En appréciant le vin et en le buvant, en le buvant et en l’appréciant, il en était venu à se demander si c’était sa tête qui tournait sur ses épaules, ou si c’étaient les objets qui tournaient autour de sa tête. Ayant beaucoup plus de tendance à adopter la dernière opinion, le docteur, à ce qu’il paraissait, at-