Page:Dumas - La Princesse Flora (1871).djvu/42

La bibliothèque libre.
Aller à : navigation, rechercher
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.

vous n’aviez pas porté des lunettes et pris du tabac, vous eussiez regardé votre nez aussi comme une superfluité, et lui eussiez donné congé sans uniforme[1]. La question est de savoir, non pas si l’on peut vivre sans rate, mais si ce n’est pas voler l’empereur que d’entrer à son service sans esprit. Donc, je me résume, Flogiston‑Hippocratovitch : en énumérant les différentes espèces de folie, tu as omis la principale, – l’amour ! – Et veux-tu que je te dise quel est le malade empesté de cette maladie ? Eh bien, c’est le capitaine Élie Pravdine.

— Le capitaine ! vous plaisantez, Nil‑Paulovitch, dit le docteur en frottant ses yeux couverts du brouillard de l’ivresse, et en saisissant sa chaise comme s’il sentait que, plein des vapeurs du vin, il pouvait s’envoler comme un aérostat.

— Je ne plaisante pas le moins du monde, répondit le lieutenant. Je te répète que ce fou, fou d’amour, fou à lier, est Élie‑Petrovitch Pravdine.

  1. En Russie, on donne congé avec ou sans uniforme. Le congé avec uniforme entraîne moitié des appointements.