Page:Dumas - La Princesse Flora (1871).djvu/87

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Du même au même, deux jours après.

Chante le De Profundis pour mon esprit, cher ami, et dis à ceux qui pourront prendre quelque intérêt à l’état dans lequel je me trouve, que je suis tout à fait mort. Ma raison doit être jetée à la mer comme une bouteille vide. Mais quel cœur ne serait atteint de cette batterie électrique qu’on appelle la princesse Flora ? Jusqu’à présent, il me semblait que mon amour pour elle était une folie ; maintenant, je sens qu’elle est le sort de ma vie, plus encore, ma vie elle-même. Auparavant, les liens amoureux se mêlaient, dans mon imagination, avec les agrès de mon bâtiment. Ma frégate voilait de temps en temps cette charmante image avec ses bonnettes, et l’orageuse mer se partageait mon cœur avec l’amour. Mais, maintenant, tout s’est réuni et tout a disparu dans la princesse. Je ne peux rien faire, je ne peux rien imaginer qui n’aboutisse à elle. Toutes mes passions, tous mes désirs se réunissent dans quatre lettres magiques : Elle ! C’est toute mon existence ; c’est toute mon histoire.