Page:Dumas - La Princesse Flora (1871).djvu/92

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monde ni sa parente, ni son amie, je n’ai pas dormi un instant ? Je m’imaginais toujours cette scène sanglante de votre duel, et les suites terribles qu’elle pouvait avoir pour vous.

— Au prix de votre compassion, princesse, je suis prêt à acheter le plus grand malheur du monde, et cela sans murmurer ; non seulement votre compassion, mais même votre opinion, princesse. Je l’apprécie tant, que je me suis hâté de venir chez vous pour vous raconter notre affaire. Je connais peu le monde ; cependant je suis convaincu qu’il traite fort impitoyablement ceux qui ont le malheur d’entrer dans son cercle intime. Je veux donc écarter toute calomnie. Que les autres disent de moi tout ce qu’ils voudront, peu m’importe ; mais j’aimerais mieux mourir que de vous voir, vous, princesse, prendre de moi une fausse opinion.

Alors je lui racontai toute notre affaire.

J’avais fini depuis quelque temps déjà, qu’elle continuait à rester muette. Dans ses yeux, levés au ciel, brillaient deux larmes. Sa physionomie s’illuminait de douceur. Un baume suave était descendu