Page:Dumas - La Princesse Flora (1871).djvu/93

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dans mon cœur, et semblait se répandre dans toutes mes veines. J’étais prêt à pleurer moi-même, et Dieu sait de quoi.

J’aurais voulu tomber à ses petits pieds charmants et mourir, tant j’étais certain de ne plus retrouver un pareil instant pendant tout le reste de ma vie.

Mais je n’osais pas même songer à y poser mes lèvres. Il me suffisait de baiser en pensée la trace de ses pas et le bas de sa robe : j’étais à la fois heureux de sa présence et malheureux de mes désirs. Enfin, cher ami, j’étais ce que, dans toutes les langues possibles, on appelle un niais ; mais, pour cet accès de folie, j’eusse donné, outre ma propre sagesse, toute la sagesse des siècles.

Quelqu’un s’approcha de nous ; la princesse se leva, couvrit ses yeux de sa main, et, en rougissant, les releva.

— Vous ne risquerez plus jamais maintenant votre vie, n’est-ce pas ? me dit-elle. J’exige cela de vous ; vous m’en donnez votre parole d’honneur.