Page:Dumas - Le Comte de Monte-Cristo (1889) Tome 1.djvu/129

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table boiteuse, et voyant danser, au reflet de sa chandelle à la longue mèche, tous ces spectres qu’Hoffmann a semés sur ses manuscrits humides de punch comme une poussière noire et fantastique.

Danglars seul n’était ni tourmenté ni inquiet ; Danglars même était joyeux, car il s’était vengé d’un ennemi et avait assuré à bord du Pharaon sa place qu’il craignait de perdre : Danglars était un de ces hommes de calcul qui naissent avec une plume derrière l’oreille et un encrier à la place du cœur ; tout était pour lui dans ce monde soustraction ou multiplication, et un chiffre lui paraissait bien plus précieux qu’un homme, quand ce chiffre pouvait augmenter le total que cet homme pouvait diminuer.

Danglars s’était donc couché à son heure ordinaire et dormait tranquillement.

Villefort, après avoir reçu la lettre de M. de Salvieux, embrassé Renée sur les deux joues, baisé la main de madame Saint-Méran et serré celle du marquis, courait la poste sur la route d’Aix.

Le père Dantès se mourait de douleur et d’inquiétude.

Quant à Edmond, nous savons ce qu’il était devenu.




X


LE PETIT CABINET DES TUILERIES.


Abandonnons Villefort sur la route de Paris, où, grâce aux triples guides qu’il paye, il brûle le chemin, et pénétrons à travers les deux ou trois salons qui le précèdent