Page:Dumas - Le Meneur de loups (1868).djvu/25

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ce que je ne lui conseillerais pas de faire si Mocquet demeurait dans les environs.

» Il vous porte une douzaine de bécassines et un lièvre que nous avons tués hier en chassant dans les marais de Vallue.

» Mille tendres souvenirs à votre belle Herminie et mille baisers à votre chère petite Caroline.

» Votre ami,
» Alex. Dumas. »


Mocquet partit une heure après la lettre écrite, et, au bout de trois semaines, vint nous rejoindre à Antilly.

– Eh bien, lui demanda mon père en le voyant gaillard et bien portant, eh bien, la mère Durand ?

– Eh bien, mon général, répondit Mocquet tout joyeux, elle m’a quitté, la vieille taupe ; il paraît qu’elle n’avait de pouvoir que dans le canton.


VII


Douze ans s’étaient écoulés depuis le cauchemar de Mocquet. J’en avais quinze passés.

C’était dans l’hiver de 1817 à 1818.

Hélas ! depuis dix ans, mon père était mort.

Nous n’avions plus de jardinier Pierre, plus de valet de chambre Hippolyte, plus de garde Mocquet.

Nous n’habitions plus le château les Fossés ni la villa d’Antilly ; nous habitions une petite maison sur la place de Villers-Cotterêts, en face de la fontaine, où ma mère tenait un bureau de tabac.