Page:Dumas - Le Meneur de loups (1868).djvu/24

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page a été validée par deux contributeurs.



– Oh ! ce soir ou demain, général.

– Diable ! et moi qui voulais t’envoyer à Villers-Hellon.

– Ça ne fait rien, général. Était-ce pressé, ce que j’allais y faire ?

– Très pressé !

– Eh bien, je puis aller à Villers-Hellon – il n’y a que quatre lieues en passant sous bois – et être revenu ce soir ; ça ne fait que huit lieues ; nous en avons avalé bien d’autres en chassant, général.

– C’est dit, Mocquet ; je vais te donner une lettre pour M. Collard, et tu partiras.

– Et je partirai, oui, général.

Mon père se leva et écrivit à M. Collard. La lettre était conçue en ces termes :


« Mon cher Collard,


» Je vous envoie mon imbécile de garde, que vous connaissez ; il s’imagine qu’une vieille femme le cauchemarde toute la nuit, et, pour en finir avec son vampire, il veut tout simplement la tuer. Mais, comme la justice pourrait trouver mauvaise cette manière de se traiter soi-même des étouffements, je vous l’envoie sous un prétexte quelconque. De votre côté, sous le prétexte qu’il vous plaira, vous l’enverrez chez Danré, de Vouty, lequel l’enverra chez Dulauloy, lequel, avec ou sans prétexte, l’enverra au diable, s’il veut.

» En somme, il faut que sa tournée dure au moins une quinzaine de jours. Dans quinze jours, nous aurons déménagé et nous habiterons Antilly, et alors, comme il ne sera plus dans le voisinage de Haramont, et que, selon toute probabilité, son cauchemar le quittera en route, la mère Durand pourra dormir tranquille ;