Page:Dumas - Le Meneur de loups (1868).djvu/270

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page a été validée par deux contributeurs.


trine et s’était acheminée vers la chambre de son mari.

Elle trouva le valet de chambre tout joyeux.

Le médecin venait de sortir : il avait levé l’appareil et répondait de la vie du comte.

– Madame conviendra que c’est bien heureux ! dit le valet de chambre.

– Oui, c’est bien heureux, en effet.

Et la comtesse entra dans la chambre de son mari. Cinq minutes après elle en sortit.

– Le comte dort, dit-elle ; il faudra n’entrer chez lui que lorsqu’il appellera.

Le valet de chambre s’inclina en signe d’obéissance et s’assit dans l’antichambre afin d’être prêt au premier signal de son maître.

La comtesse rentra chez elle.

– Déshabillez-moi, Lisette, dit-elle à sa femme de chambre, et donnez-moi les vêtements que j’avais la dernière fois qu’il est venu.

La soubrette obéit. On a vu la fidélité avec laquelle elle avait revêtu ce costume dans ses moindres détails. Alors la comtesse écrivit quelques mots qu’elle plia et garda dans sa main droite. Puis elle se coucha sur son lit.

– Madame ne prendra-t-elle point quelque chose ? demanda la chambrière.

La comtesse ouvrit la main gauche et montra un flacon qu’elle y tenait enfermé.

– Si fait, Lisette, dit-elle, je vais prendre ce qu’il y a dans ce flacon.

– Comment ! dit Lisette, pas autre chose ?

– C’est assez, Lisette ; car, lorsque je l’aurai pris, je n’aurais plus besoin de rien.

Et, en effet, portant le flacon à sa bouche, la comtesse l’avait vidé d’un seul trait.