Page:Dunant - Un souvenir de Solférino, 1862.djvu/77

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que les médecins, au nombre de cent quarante, déployèrent, durant tout le temps de leurs fonctions, aussi difficiles que fatigantes, une énergie et un dévouement sublimes, sans qu’aucune susceptibilité ou rivalité quelconque ait altéré un instant, en quoi que ce soit, leur bonne harmonie pour le bien général ; ils furent secondés par des étudiants en médecine, et par un petit nombre de personnes de bonne volonté. Des comités auxiliaires s’étant organisés, une commission particulière fut nommée pour recevoir les dons et les offrandes en literie, lingerie et provisions de toute espèce, et une autre commission eut la direction du dépôt ou magasin central[1].

Dans les vastes salles des hôpitaux, les officiers sont ordinairement séparés des soldats, et les Autrichiens ne sont pas confondus avec les Alliés. Les séries de lits paraissent semblables, mais sur une étagère au-dessus de chaque homme, son uniforme et son képi font distinguer l’arme à laquelle il appartient. On commence à empêcher la multitude d’entrer, elle gêne et embarrasse le service. À côté de militaires aux figures martiales et résignées, en voilà d’autres qui murmurent et qui se lamentent ; dans les premiers jours toutes les blessures semblent graves. On remarque chez les soldats français le caractère ou l’esprit gaulois vif, net, souple et facile, quoique ferme et énergique, mais impatient et susceptible de s’emporter

  1. La première de ces commissions était composée de MM. Pallavicini, Glisenti, Averoldi, Sienna, des avocats Zuccoli et Conter, et du chanoine Rossa ; et la seconde de MM. Basiletti, Caprioli, Rovetta et Da Ponte.