Page:Durkheim - Qui a voulu la guerre ?.djvu/26

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En second lieu, on déclarait que les mesures proposées pour mettre fin aux agissements de la presse équivalaient à un refus ; car les procès de presse sont rarement efficaces et, d’ailleurs, aucune date définie n’était fixée pour les innovations qu’on promettait d’introduire dans la législation.

Enfin, dans l’article relatif aux associations hostiles, si la Serbie promettait de dissoudre la Narodna Odbrana, elle s’abstenait volontairement d’envisager le cas où cette société se reformerait sous un autre nom[1].

Mais il est difficile de ne pas voir quel écart énorme il y avait entre l’insignifiance de ces griefs et la gravité de la décision prise par l’Autriche.

Sur le dernier point notamment, les doléances autrichiennes étaient inexplicables ; car la Serbie s’était engagée à dissoudre, non seulement la Narodna Odbrana, mais « toute autre société qui agirait contre l’Autriche ». Le nom ne faisait donc rien à l’affaire.

En ce qui concerne les mesures à prendre contre la presse, l’Autriche, pour être fondée à qualifier de refus déguisé la proposition serbe, aurait dû tout au moins signaler quelque autre procédé légal qui fût plus efficace. Or, elle n’en indiquait aucun. Et on ne voit pas, en effet, comment il était possible de punir un acte jusqu’alors licite, sans une loi nouvelle qui l’érigeât en délit, ou comment des publications pouvaient être légalement confisquées si la Constitution interdisait cette confiscation. Ou bien l’Autriche demandait-elle à la Serbie d’agir illégalement et arbitrairement ?

La seule contestation sérieuse était donc celle qui concernait la collaboration des fonctionnaires austro-hongrois. Mais si la difficulté soulevée par la Serbie venait uniquement de ce qu’elle avait remplacé à tort le mot de « recherches »

  1. Cette explication et celles qui suivent sont empruntées, non à la note reçue par M. Bienvenu-Martin, qui énonce les griefs autrichiens sans les justifier, mais au Livre Blanc (p. 23 et suiv.). La réponse serbe y est accompagnée d’un commentaire, d’origine autrichienne, qui a pour objet de démontrer que les concessions de la Serbie sont purement apparentes.