Page:Durkheim - Qui a voulu la guerre ?.djvu/27

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par celui « d’enquêtes », ne pouvait-on s’assurer d’abord, par des voies pacifiques, s’il n’y avait pas eu méprise de sa part, au lieu de recourir tout de suite aux armes pour trancher la question ?

Une démarche singulière de l’Allemagne. — À cette phase de la crise, l’attitude générale de l’Autriche et de l’Allemagne resta ce qu’elle était précédemment : nous en aurons, sous peu, la preuve. Cependant, l’Allemagne fit, à ce moment, une démarche singulière qui mérite d’être signalée.

Le 26 juillet, c’est-à-dire au lendemain de la rupture, M. de Schoen se présente chez M. Bienvenu-Martin et lui renouvelle la demande que l’Allemagne avait déjà adressée à Sir Ed. Grey. L’Autriche, dit-il, a fait savoir à la Russie qu’elle ne cherche pas d’agrandissement territorial ; elle veut seulement assurer sa tranquillité. La paix est, par conséquent, certaine, si la Russie s’abstient de toute intervention, c’est-à-dire si elle laisse l’Autriche infliger à la Serbie le traitement que celle-ci mérite. Que la France use donc de son influence à Saint-Pétersbourg dans, ce sens, et elle sera entendue. « L’Allemagne, ajoute-il, se sent solidaire de la France dans l’ardent désir que la paix soit maintenue ». Et cette affirmation de solidarité fut renouvelée, avec insistance, à la fin de l’entretien[1].

Le même jour, à 7 heures du soir, l’ambassadeur revient au ministère ; il se rend à la Direction politique et demande que, pour éviter des commentaires erronés, on envoie à la presse un communiqué sur l’entretien de l’après-midi. Il propose même de rédiger cette note dans les termes suivants : « L’Ambassadeur d’Allemagne et le Ministre des Affaires étrangères ont eu, pendant l’après-midi, un nouvel entretien au cours duquel ils ont examiné, dans l’esprit le plus amical et dans un sentiment de solidarité pacifique, les moyens qui pourraient être employés pour assurer la paix générale »[2].

  1. L. J., n° 56.
  2. L. J., n° 57.