Page:Duru et Chivot - La Fille du tambour-major.djvu/89

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MONTHABOR.

Ah ! tonnerre !… y a-t-il longtemps que j’attends ce mot-là… Ah ! tiens, je t’aimais déjà avant de savoir… mais maintenant c’est bien autre chose. Une belle fille comme ça… à moi… Nom d’une pyramide !… j’en suis comme une bête !… (S’essuyant les yeux.) Quand on n’a pas l’habitude.


STELLA.

Vous la prendrez, mon père, car maintenant nous ne nous séparerons plus.


MONTHABOR.

Aïe !… V’là une phrase qui me tombe comme une cheminée sur l’occiput.


STELLA.

Comment !… vous voudriez me quitter ?


MONTHABOR.

Dame !… je ne peux pas rester ici… il n’y a pas de place pour deux pères… D’ailleurs, je suis soldat et il faut que je marche en avant.


STELLA, avec élan.

Oui… mais moi, je peux vous suivre.


MONTHABOR, ému.

Bien, mon enfant… merci !… mais je n’accepte pas ça.


STELLA.

Pourquoi ?


MONTHABOR.

Parce que t’as été élevée comme une princesse… et que moi, je ne pourrais t’offrir que ma paie… dix sous par jour…


STELLA.

Qu’importe !… pourvu que je sois près de vous.