Page:Edgar Poe Arthur Gordon Pym.djvu/108

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nous rencontrâmes vint du coq, de Jones Hunt et de Richard Parker ; mais leur défense fut faible et sans résolution. Les deux premiers furent immédiatement frappés par Peters, et avec la bringuebale que j’avais apportée avec moi j’assommai Parker d’un coup sur la tête. En même temps, Auguste s’emparait d’un des fusils déposés sur le plancher, et le déchargeait dans la poitrine de Wilson, un des autres révoltés. Il n’en restait donc plus que trois ; mais, pendant ce temps-là, ils s’étaient réveillés de leur stupeur, et commençaient peut-être à voir qu’ils avaient été dupes d’un stratagème ; car ils combattirent avec beaucoup de résolution et de furie, et, sans l’effroyable force musculaire de Peters, ils auraient bien pu finalement avoir raison de nous. Ces trois hommes étaient Jones, Greely et Absalon Hicks. Jones avait renversé Auguste ; il l’avait déjà frappé en plusieurs endroits au bras droit et l’aurait sans doute bientôt expédié (car, Peters et moi, nous ne pouvions pas nous débarrasser immédiatement de nos adversaires), si un ami sur l’assistance duquel nous n’avions certes pas compté n’était venu très à propos à son aide. Cet ami n’était autre que Tigre. Avec un sourd grondement il bondit dans la chambre au moment le plus critique pour Auguste, et, se jetant sur Jones, le cloua en un instant sur le plancher. Mon ami, toutefois, était trop gravement blessé pour nous prêter le moindre secours, et j’étais si empêtré dans mon déguisement, que je ne pouvais pas faire grand’chose. Le chien s’obstinait à ne pas lâcher la gorge de Jones ; — cependant Peters était bien assez fort pour venir à bout des deux hommes qui restaient, et il