Page:Edgar Poe Arthur Gordon Pym.djvu/122

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nord-ouest. La mer était maintenant tout à fait apaisée, et comme, pour une cause que nous ne pûmes deviner, le brick ne donnait plus autant de la bande, le pont était comparativement sec, et nous pouvions aller et venir en toute liberté. Il y avait alors plus de trois jours et trois nuits que nous n’avions rien bu ni mangé, et il devenait absolument nécessaire de faire une tentative pour se procurer quelque chose d’en bas. Comme le brick était complètement plein d’eau, nous nous mîmes à l’œuvre avec tristesse et sans grand espoir d’attraper quelque chose. Nous fîmes une espèce de drague en plantant quelques clous, que nous arrachâmes aux débris du capot-d’échelle, dans deux pièces de bois. Nous les assujettîmes en croix, et, les attachant au bout d’une corde, nous les jetâmes dans la cabine et les promenâmes çà et là, avec le faible espoir d’accrocher quelque article qui pût servir à notre nourriture, ou du moins nous aider à nous la procurer. Nous passâmes la plus grande partie de la matinée à cette besogne, sans résultat, et nous ne pêchâmes que quelques couvertures que les clous accrochèrent facilement. Notre invention était vraiment si grossière que nous ne pouvions guère compter sur un meilleur succès.

Nous recommençâmes l’épreuve dans le gaillard d’avant, mais sans plus de résultat, et nous nous abandonnions déjà au désespoir, quand Peters imagina de se faire attacher une corde autour du corps, et d’essayer d’attraper quelque chose en plongeant dans la cabine. Nous saluâmes la proposition avec toute la joie que peut inspirer l’espérance renaissante. Il commença