Page:Edgar Poe Arthur Gordon Pym.djvu/151

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qu’il nous faudrait plusieurs longues heures pour accomplir une pareille tâche, — c’est-à-dire pour pratiquer une ouverture suffisamment large et nous frayer un libre accès vers la cambuse. Cette considération, toutefois, ne nous découragea pas, et, travaillant toute la nuit à la clarté de la lune, le matin du 23, au point du jour, nous en étions venus à nos fins.

Peters s’offrit alors pour descendre, et, ayant fait tous ses préparatifs ordinaires, il plongea et revint bientôt, rapportant avec lui une petite jarre, qui, à notre grande joie, se trouva être pleine d’olives. Nous nous les partageâmes, et nous les dévorâmes avec la plus grande avidité ; puis nous descendîmes Peters de nouveau. Il réussit cette fois au delà de toutes nos espérances, car il revint immédiatement avec un gros jambon et une bouteille de madère. Nous ne bûmes du vin qu’un petit coup chacun, sachant maintenant par expérience quels dangers il y avait à s’y livrer immodérément. Le jambon, sauf la valeur de deux livres environ près de l’os, avait été entièrement gâté par l’eau salée et n’était pas dans un état mangeable. La partie saine fut partagée en trois parts. Peters et Auguste, incapables de maîtriser leur appétit, engloutirent la leur immédiatement ; pour moi, je fus plus prudent, et, redoutant la soif qui devait en résulter, je ne mangeai qu’un petit morceau de la mienne. Alors nous nous reposâmes un peu de notre labeur, qui avait été horriblement rude.

Vers midi, nous sentant un peu remis et fortifiés, nous recommençâmes nos attaques sur les provisions, Peters et moi plongeant alternativement, et toujours avec plus