Page:Edgar Poe Arthur Gordon Pym.djvu/150

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lard d’avant et l’avais déposée dans un des cadres de bâbord. Je pensais maintenant que, si nous pouvions mettre la main dessus, il nous serait peut-être possible d’ouvrir le pont au-dessus de la cambuse et de nous procurer ainsi des provisions sans difficulté.

Quand je communiquai ce projet à mes camarades, ils poussèrent un faible cri de joie, et nous allâmes immédiatement vers le gaillard d’avant. Ici la difficulté de descendre se présentait beaucoup plus grande que pour la cabine, l’ouverture étant beaucoup plus étroite ; car on se rappelle que toute la charpente autour du capot-d’échelle de la chambre avait été enlevée, tandis que le passage vers le gaillard d’avant, n’étant qu’une simple écoutille de trois pieds carrés environ, était resté intact. Cependant je n’hésitai pas à tenter l’aventure, et une corde ayant été assujettie autour de mon corps, comme précédemment, je plongeai hardiment, les pieds les premiers ; je parvins rapidement au cadre, et du premier coup je rapportai la hache. Elle fut saluée avec extase, avec des cris de joie et de triomphe, et la facilité avec laquelle nous l’avions trouvée fut considérée comme un présage de notre salut définitif.

Nous commençâmes à attaquer le pont avec toute l’énergie de l’espérance rallumée, Peters et moi jouant de la hache à tour de rôle ; quant à Auguste, son bras blessé l’empêchait de nous rendre aucun service. Comme nous étions encore trop faibles pour rester ainsi debout sans nourriture, et que nous ne pouvions pas conséquemment travailler une minute ou deux sans nous reposer, il devint bientôt évident