Page:Edgar Poe Arthur Gordon Pym.djvu/155

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ment à conserver vivante aussi longtemps que possible, nous la tournâmes sur le dos, et nous l’attachâmes d’ailleurs soigneusement.




XIII


ENFIN !


24 juillet. — Le matin du 24 nous trouva singulièrement restaurés en forces et en courage. Malgré la situation périlleuse où nous étions placés, — ignorant notre position, à coup sûr loin de toute terre, — sans plus de nourriture que pour une quinzaine, même en la ménageant soigneusement, — entièrement privés d’eau, et flottant çà et là, sur la plus piteuse épave du monde, à la merci de la houle et du vent, — les angoisses et les dangers infiniment plus terribles auxquels nous avions tout récemment et si providentiellement échappé nous faisaient considérer nos souffrances actuelles comme quelque chose d’assez ordinaire, — tant il est vrai que le bonheur et le malheur sont purement relatifs.

Au lever du soleil nous nous préparions à recommencer nos tentatives pour rapporter quelque chose de la cambuse, quand, une vigoureuse averse étant survenue, nous mîmes tous nos soins à recueillir de l’eau avec le drap qui nous avait déjà servi à cet effet. Nous n’avions pas d’autre moyen pour recueillir la pluie que de tenir le drap tendu par le milieu avec une des ferrures des porte-haubans de misaine. L’eau, ainsi ramassée au centre, s’é-