Page:Edgar Poe Arthur Gordon Pym.djvu/158

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couverte, comme on doit le penser, nous remplit de désespoir.

27 juillet. — Mer presque unie, avec une légère brise, et toujours du nord ou de l’ouest. Le soleil dans l’après-midi étant devenu très-chaud, nous nous sommes occupés à sécher nos vêtements. Trouvé beaucoup de soulagement contre la soif et de bien-être de toute façon en nous baignant dans la mer ; mais il nous fallut user en cela de beaucoup de prudence, car nous avions une grande peur des requins, dont nous avions vu nager quelques-uns autour du brick pendant la journée.

28 juillet. — Toujours beau temps. Le brick commençait alors à se coucher sur le côté d’une manière si alarmante que nous craignions qu’il ne tournât définitivement, la carène en l’air. Nous nous préparâmes de notre mieux à cet accident. Notre tortue, notre cruche d’eau et les deux jarres restantes d’olives, nous attachâmes tout du côté du vent, aussi loin que possible en dehors de la coque, au-dessous des grands porte-haubans. Toute la journée, une mer très-unie, avec peu ou point de vent.

29 juillet. — Continuation du même temps. Le bras blessé d’Auguste commençait à donner des symptômes de gangrène. Mon ami se plaignait d’un engourdissement et d’une soif excessive ; mais de douleur aiguë, point. Nous ne pouvions rien faire pour le soulager, si ce n’est de frotter ses blessures avec un peu du vinaigre des olives, et il ne semblait pas qu’il en résultât aucun avantage. Nous fîmes pour lui tout ce qui était en notre pouvoir, et nous triplâmes sa ration d’eau.