Page:Edgar Poe Arthur Gordon Pym.djvu/178

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étendues, et sans paraître les remuer ou s’en servir le moins du monde.

L’albatros est un des plus gros et des plus rapides oiseaux des mers du Sud. Il appartient à l’espèce goëland, et saisit sa proie au vol, ne se posant jamais à terre que pour s’occuper des jeunes. Cet oiseau et le pingouin sont liés de la plus singulière sympathie. Leurs nids sont construits d’une manière très-uniforme, sur un plan concerté entre les deux espèces, celui de l’albatros étant placé au centre d’un petit carré formé par les nids de quatre pingouins. Les navigateurs se sont accordés à appeler cette sorte d’établissement, ou assemblage de nids, une rookery. Ces espèces de colonies ont été décrites plus d’une fois ; mais, comme tous nos lecteurs n’ont peut-être pas lu ces descriptions, et comme j’aurai plus tard l’occasion de parler du pingouin et de l’albatros, il ne me paraît pas hors de propos de dire ici quelques mots sur leur mode de construction et d’existence.

Quand la saison de l’incubation est arrivée, ces oiseaux se rassemblent par vastes troupes, et pendant quelques jours ils semblent délibérer sur la meilleure méthode à suivre. Enfin ils procèdent à l’action. Ils choisissent un emplacement uni, d’une étendue convenable, embrassant 3 ou 4 acres ordinairement, et situé aussi près de la mer que possible, quoique toujours au delà de ses atteintes. Ce qui les dirige particulièrement dans le choix du lieu est l’égalité de surface, et l’endroit préféré est celui qui est le moins encombré de pierres. Cette question vidée, les oiseaux se mettent d’un commun accord et comme mus par un seul esprit, à faire, avec une correction mathématique, le