Page:Edgar Poe Arthur Gordon Pym.djvu/183

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ment par les Portugais, visité plus tard par les Hollandais en 1643, et par les Français en 1767. Les trois îles forment ensemble un triangle et sont distantes l’une de l’autre de 10 milles environ, laissant ainsi entre elles de larges passes. Dans toutes les trois, la côte est très-haute, particulièrement à celle proprement dite Tristan d’Acunha. C’est l’île la plus grande du groupe : elle a 15 milles de circonférence, et elle est si élevée que par un temps clair on peut l’apercevoir d’une distance de 80 ou 90 milles. Une partie de la côte vers le nord s’élève perpendiculairement au-dessus de la mer à plus de 1000 pieds. À cette hauteur il existe un plateau qui s’étend presque jusqu’au centre de l’île, et de ce plateau s’élance un cône semblable au pic de Ténériffe. La moitié inférieure de ce cône est revêtue d’arbres assez gros, mais la région supérieure est une roche nue, ordinairement cachée par les nuages et recouverte de neige pendant la plus grande partie de l’année. Il n’y a aux environs de l’île ni hauts-fonds ni dangers d’aucune espèce ; les côtes sont singulièrement nettes et hardiment coupées, et les eaux sont profondes. Sur la côte du nord-ouest se trouve une baie, avec une plage de sable noir, où un canot peut facilement atterrir pourvu qu’il ait pour lui une brise du sud. On y trouve sans peine d’excellente eau en abondance, et l’on y pêche à l’hameçon et à la ligne, la morue et autres poissons.

L’île la plus grande après celle-ci, et le plus à l’ouest du groupe, s’appelle l’Inaccessible. Sa position exacte est par 37° 7′ de latitude sud et 12° 24′ de longitude ouest. Elle a 7 ou 8 milles de circuit, et se présente de tous côtés