Page:Edgar Poe Arthur Gordon Pym.djvu/205

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du nord-est, suffisamment chaud, la température de l’eau à 53. Nous recommençâmes notre opération de sondage, et, avec une ligne de 150 brasses, nous trouvâmes le courant portant au pôle avec une vitesse d’un mille par heure. Cette tendance constante du vent et du courant vers le sud suggérèrent passablement de réflexions et même quelque alarme parmi le monde de la goëlette, et je vis positivement qu’elle avait produit une forte impression sur l’esprit du capitaine Guy. Mais par bonheur il était excessivement sensible au ridicule, et je réussis finalement à le faire lui-même se divertir de ses appréhensions. La variation était maintenant presque insignifiante. Dans le cours de la journée, nous vîmes quelques baleines de l’espèce franche, et d’innombrables volées d’albatros passèrent au-dessus du navire. Nous péchâmes aussi une espèce de buisson chargé de baies rouges comme celles de l’aubépine, et le corps d’un animal, évidemment terrestre, de l’aspect le plus singulier. Il avait 3 pieds de long sur 6 pouces de hauteur seulement, avec quatre jambes très-courtes, les pieds armés de longues griffes d’un écarlate brillant et ressemblant fort à du corail. Le corps était revêtu d’un poil soyeux et uni, parfaitement blanc. La queue était effilée comme