Page:Edgar Poe Arthur Gordon Pym.djvu/206

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une queue de rat, et longue à peu près d’un pied et demi. La tête rappelait celle du chat, à l’exception des oreilles, rabattues et pendantes comme des oreilles de chien. Les dents étaient du même rouge vif que les griffes.

19 janvier. — Ce jour-là, nous trouvant par 83° 20′ de latitude et 43° 5′ de longitude ouest (la mer étant d’un foncé extraordinaire), la vigie signala la terre de nouveau, et, à un examen attentif, nous découvrîmes que c’était une île appartenant à un groupe de plusieurs îles très-vastes. La côte était à pic et l’intérieur semblait bien boisé, circonstance qui nous causa une grande joie. Quatre heures environ après avoir découvert la terre, nous jetions l’ancre sur dix brasses de profondeur, avec un fond de sable, à une lieue de la côte ; car un fort ressac, avec des remous courant çà et là, en rendaient l’abord d’une commodité douteuse. Nous reçûmes l’ordre d’amener les deux plus grandes embarcations, et un détachement bien armé (dont Peters et moi nous faisions partie) se mit en devoir de trouver une ouverture dans le récif qui faisait à l’île une espèce de ceinture. Après avoir cherché pendant quelque temps, nous découvrîmes une passe où nous entrions déjà, quand nous aperçûmes quatre grands canots qui se détachaient du rivage, chargés d’hommes qui semblaient bien armés. Nous les laissâmes arriver, et, comme ils manœuvraient avec une grande célérité, ils furent bientôt à portée de la voix. Le capitaine Guy hissa alors un mouchoir blanc à la pointe d’un aviron : mais les sauvages s’arrêtèrent tout net et se mirent soudainement à jacasser et à baragouiner